I seed a dream

Je suis heureuse aujourd’hui qu’une communauté de destin prenne racine…

Il y a bientôt un siècle de cela, naissait le néolibéralisme…
Issu de la théorie de Darwin, le paradigme de l’évolutionnisme, exporté abusivement hors de son champ de légitimité dans le champ social et politique, enjoint qu’il faille s’adapter dans un monde de sélection et de compétition. En rupture avec le libéralisme, prétendument neutre sur le plan axiologique des valeurs, le néolibéralisme assume un discours moral ou l’état doit reprendre la main, déterminer le cap, et à la faveur d’un travail pédagogique de la réforme fabriquer le consentement des opinions publiques. Ce cap, non discutable, posé comme une fin transcendante de l’histoire, c’est la mondialisation que l’on veut juste, avec une compétition loyale, libre et non faussée, une mondialisation des échanges qui serait conciliable avec une préservation des ressources naturelles.

Des recherches récentes en neurosciences nous éclairent sur les motivations profondes, motivations primitives qui auraient conduit l’humain à créer ce système néolibéral qui les nourrit.

« La raison est l’esclave des passions » écrivait Hume en 1740. L’ubris incarné a maintenant un nom : le striatum… maître du cortex, il lui demande de la nourriture (alimentaire et charnelle), le plus d’informations possibles, le moins d’effort possible et un statut social… besoins fondamentaux renforcés par la sécrétion de dopamine car générateur de plaisir.

Je vous le dis ici et maintenant, mes amis, bien que, oui, bien que nous ayons à faire face à des difficultés aujourd’hui et demain I always seed a dream…

Je (nous) sème toujours ce rêve
– qu’il faille s’adapter et évoluer vers un monde de partage et d’entraide
– que la démocratie soit en lien avec l’éducation où les phénomènes sociaux sont des phénomènes de coéducation, où les experts restent à leur place car les publics eux-mêmes doivent mener l’expérimentation démocratique.

Je sème toujours ce rêve
– que la mondialisation des échanges, globalisation couteuse en énergie, s’accompagne de localisations plurielles, respectueuses des ressources naturelles et riches en relations humaines.
– que la connexion devienne connivence.

Je sème toujours ce rêve
– Que le striatum qui gouverne nos actions soit forgé dans l’enfance par l’éducation où l’on enseigne que plus de plaisir peut être obtenu avec moins de stimuli, donc moins de consommation et plus de partage, en utilisant notre conscience.
Je sème toujours une utopia qui est aujourd’hui l’écologie, l’utopia d’une nouvelle alliance immanente entre le vivant et l’humain.
Je sème modestement une utopia à Farraha, l’eutopia ou le lieu bon, qui aspire au bonheur


En italique : phrases extraites du discours du 28 août 1963 par Martin Luther King