L’errance du temps / Brèves de conteur

Hyper humanisme…

« La biodiversité c’est la nature, c’est la richesse du monde vivant, les plantes, les animaux, tout ce qui constitue la vie sur terre et qui nous permet, à nous êtres humains, de pouvoir subsister, nous nourrir et vivre » déclarait récemment Isabelle Autissier, présidente de WWF France, sur une radio nationale.

A la question du journaliste : « Les dinosaures ont disparu et cela n’a pas empêché l’humanité de prospérer. En quoi ce qui se joue aujourd’hui serait plus grave ? ». Anne Larigauderie, secrétaire exécutive de la plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES, composée de 130 pays et 145 experts), surenchérissait : « A l’époque où il y avait les dinosaures, il n’y avait pas les êtres humains ; nous, ce qui nous préoccupe c’est la vie des êtres humains sur terre et donc la disparition de toutes nos ressources naturelles met vraiment en danger notre capacité à avoir une qualité de vie aussi importante ».

Le basculement, redouté par certains, d’un anthropocentrisme à un biocentrisme, passage de l’homme « maitre et possesseur de la nature » à l’homme sauveur et serviteur de la nature ne semble donc pas encore avéré.

La nouvelle alliance entre le vivant et l’humain passerait par l’atténuation de l’anthropocène, la main visible… trop visible de l’humain, dont l’un des moyens semble être le biomimétisme écosystémique dans l’agriculture, c’est-à-dire prendre la nature comme modèle… mais protéger la nature n’est-ce pas inévitablement étendre son emprise sur elle ?